Ca fait un an que j'habite ici, un an que je bois l'eau du robinet, et soudain, elle arrive ! Avec ses spasmes à l'estomac et ses odeurs de rose des champs ! Me voilà enfin remise après deux jours de vertiges, pendant lesquels j'avais beaucoup de mal à simplement sortir de mon lit. Je n'arrivais même pas à y lire tellement j'étais crevée. D'ailleurs je me sens encore extrêmement fatiguée mais je peux manger normalement (même si je me contente de riz, carotte et viande cuite pour reposer mon pauvre circuit digestif.
Je me suis demandé à quoi cela pouvait être dû, mais Annaëlle m'a donné la réponse (elle a subi la même chose, en version plus légère) : il y a eu énormément de pluie depuis que je suis rentrée, et notamment des inondations terribles la semaine dernière (d'ailleurs Ayoub m'a parlé de 14 morts à Oujda à cause d'écroulement de maisons). Or, Oujda n'était pas un exemple de propreté, on y trouve des poubelles et des déchets partout. Donc l'eau de pluie traîne dedans, coule dans la terre... Les tuyauteries n'ont bien sûr pas été prévues pour ce genre de météo, vu que d'habitude il ne pleut pas... Bref, je pense que j'ai avalé une bonne grosse bactérie made in poubelle + eau de pluie.
Aïe aïe aïe !
A part ça samedi on a fêté le départ de Marie, une Française qui était là depuis deux ans, la pauvre est partie dimanche avec sa petite 205 et a dû traverser pas mal de coins complètement inondés, enfin elle a réussi à avoir son bateau c'est le principal. Quant à Remy, le traducteur qui est arrivé la semaine dernière, il a atterri à Oujda sous l'orage (il ne savait pas que c'était possible jusqu'alors), ensuite il y est resté bloqué plusieurs heures car il n'y avait pas de grands taxis pour rentrer à Oujda, à cause des inondations. Imaginez la situation, avec coupures d'électricité dans l'aéroport, pas de réseau de téléphone... Heureusement une de ses connaissances se trouvait dans l'avion, avait sa voiture à l'aéroport, et a tenté le passage de la piscine... Avec succès.
Et moi, pendant les pluies, je me suis promenée dans le taxi d'Ayoub, c'était assez folklo. Imaginez que dans Oujda on n'a jamais pris en compte le facteur "pluie" dans la construction des infrastructures, et donc qu'à la moindre pluie les routes ont beaucoup de mal à se débarasser de l'eau. Dommage que je n'aie pas pris de photos, peut-être que vous pourrez en trouver sur internet. On avait l'impression de faire du catamaran, on a vu plein de taxis dont les moteurs étaient noyés, les gens se baladaient pieds nus avec leurs chaussures à la main. A un endroit il y avait une plaque d'égoût ouverte qui causait un tourbillon, et bien figurez-vous qu'un groupe d'hommes restait là, sur le trottoir et sous la pluie battante, pour prévenir les automobilistes de faire attention ! Quel courage et quelle envie d'aider les autres !
Et le lendemain matin, au premier rayon de soleil, les flaques d'eau avaient déjà disparu... Jusqu'au soir, où la pluie a recommencé.
Drôle de temps sur Oujda !
Salut tout le monde !
Nous avions tourné un petit film pour le mettre sur le blog, mais mon débit de connexion est trop lent, je n'arrive pas à envoyer la video... Je vais peut-être changer de débit. On a aussi un
deuxième problème, c'est que le CD d'installation du modem n'est pas compatible avec mon Windows Vista. Conclusion: je continue d'aller sur internet au cyber café ou quand Khalid amène son
ordinateur à la maison. Pas très pratique, surtout pour le travail.
A part ces tout petits tracas mon début de séjour est toujours aussi agréable : j'ai trouvé du travail dans quatre endroits différents (j'ai dû en refuser un), tous bien payés. Mes craintes à ce
sujet ont donc été oubliées au bout d'une semaine ici. Les cours que je donne aux Français sont agréables et faciles : je n'ai que quatre élèves (deux en 4ème, deux en 3ème) donc pas de
discipline à faire ; les cours du Cned sont clairs et bien expliqués ; l'ambiance est familiale. Evidemment il n'y a que le cours de français que j'assure avec un vrai professionnalisme (oui oui
oui), mais la bio et l'histoire-géo ne posent pas vraiment de problème. Finalement, j'en reviens toujours aux mêmes conseils : lis bien le document, fais attention à la question posée, sois
précise, etc. Et c'est agréable de changer de matière, comme ça je révise moi aussi :)
Je donne aussi des cours de FLE à des adultes dans un centre de langues, c'est très sympa car les adultes sont attentifs et curieux. Il y en a plein qui viennent prendre des cours dans l'optique
de partir en France ou en Belgique.
Enfin, je vais donner des cours de FLE à l'Institut, mais la rentrée n'est que la semaine prochaine.
J'ai repris les cours de luth avec le même prof, qui a été très surpris et content de me revoir. Il parle toujours de mieux en mieux français, et moi de mieux en mieux arabe, j'espère que d'ici
la fin de l'année on arrivera à se comprendre plus vite.
Hier j'ai rencontré la stagiaire qui a repris le poste que j'avais l'an dernier, la pauvre est dégoûtée d'être tombée à Oujda (elle avait demandé Fès). On l'a aidée avec Ayoub pour trouver un
appart, et elle avait l'air blasée par les gens qui parlent fort (Ayoub négociait énergiquement avec les propriétaires), l'attente, le fait de tourner en rond, etc. Parce que je ne crois pas vous
avoir raconté comment ça se passe pour trouver un logement, il n'y a rien d'organisé. Il faut parler, parler, parler. Mais ça peut être difficile et fatiguant pour quelqu'un qui débarque de
France, surtout quand la personne n'est pas très contente de s'installer...
Bon je dois partir, ou je vais être en retard au travail. Grosses bises et à bientôt.
Bon nous n'avons toujours pas internet à la maison, mais nous nous installons petit à petit. Hier nous avons voulu aller au supermarché pour se débarrasser du
maximum d'achats d'un coup, mais tout était tellement plus cher qu'au souk qu'on a remis pas mal de courses à plus tard (exemple, un petit cahier à spirales 100pages : 15dhr chez Marjane,
3dhr au souk). Donc ce matin rebelote, promenade au souk sous le soleil, accompagnée d'Ayoub qui a remarqué que quand les marchands me voient avec lui ils augmentent les prix par rapport à
d'habitude. Et qui m'explique au passage que ce n'est pas de l'arnaque, les commerçants évaluent le prix que tu vas payer en fonction de ton habillement (celui-ci reflète tes moyens).
Je dois repartir. Je vous en raconte plus dès que j'aurai internet chez nous, ce qui devrait arriver la semaine prochaine.
Bises à tous !
Et elle commença sa nouvelle aventure par 9h d'attente à l'aéroport Charles de Gaulle, n'ayant pas compris qu'il y
avait des chambres réservées à l'hôtel pour l'après-midi, pour tous les passagers de cet avion. Une journée très active donc, ponctuée de quatre repas.
J'ai fini par quitter le soleil parisien pour arriver à minuit sous la pluie oujdie, c'était le monde à l'envers. J'ai fait semblant d'avoir amené la pluie normande de mon propre gré, et tout le
monde m'a crue bien entendu.
J'ai été très très bien accueillie par Ayoub, Annaëlle, Khalid, Kevin et Toutou le pauvre chien qui a attendu deux heures dans la voiture. On est passés chercher des sandwiches (enfin pas pour
moi, bien entendu) et on est allés dans notre nouvel appart. On a pris un thé, et chacun est rentré dormir chez soi, sauf Annaëlle et moi vu que nous étions déjà chez nous. Je me suis couchée à
2h, une pointe à l'estomac à l'idée de commencer le travail dès ce matin 8h30. La nuit a été calme si ce n'est le bruit des voisins qui ont pris leur petit déj à 4h, mais j'ai assez mal dormi,
j'avais trop peur de rater le réveil.
Heureusement je me suis réveillée deux heures avant qu'il sonne, j'ai donc fini par me lever une heure trop tôt. Petit thé en terrasse (discrètement, je ne voulais pas narguer les ramadantistes),
petite lecture, et enfin direction mon rencard de ce matin.
En fait je ne commencerai à bosser que jeudi, c'est plus ou moins moi qui fixerai mon emploi du temps, et l'ambiance paraît très détendue.
Mon nouveau quartier a l'air beaucoup plus sympa que le boulevard de l'an dernier, et l'appart me plaît bien.
Donc RETOUR REUSSI pour le moment.
Petit mémo d'où sont mes affaires en France:
-batterie chez Rémy et Lucas sauf un tome chez Seb
-basse chez Pierre, Aurélie, Vincent et Marie
-ampli chez Benoit
-le reste à Saint Ouen.
Deux activités qui ne me donnent jamais la flemme : la musique et l'aérobic.
Ce soir, pendant l'aérobic, je me regardais dans le miroir en me demandant si j'allais reprendre les cours de boxe l'année prochaine (je dois avoir un sérieux besoin de me défouler, j'ai tout le
temps envie de faire du sport). Et je me suis rendu compte qu'à chaque fois que je suis là, en train de faire des mouvements répétitifs, je n'ai que des pensées agréables.
Chaque moment de vide est d'habitude l'occasion, pour mon cerveau tracassé, de ressasser tout ce qui a été ou va être ennuyeux. Mais pendant l'aérobic, face à cette figure cramoisie et
remuante qu'est la mienne, en écoutant la musique au rythme simple et entraînant, je ne rêvasse qu'à des choses paisibles (une fois que j'ai fini par comprendre en quoi consiste le mouvement que
je dois faire, bien sûr). Ma future coloc avec Lulu et Rémy, la batterie que je vais retrouver à Rouen, les copains, les cours intensifs de luth que je vais prendre en juillet, etc.
Ce soir seulement je me suis rappelé qu'en faisant du sport on sécrète une hormone spécifique, que l'on trouve dans le chocolat et qui provoque un plaisir auquel on peut devenir accro.
Maman, je t'ai percée : tu es une juncky en puissance !
Laurence avait envie de quelques jours à la française, pour sortir ses enfants, boire des bières et faire autre chose que rester
assise à manger. Alors on est parties avec elle, les trois gosses et Perrine, à la mer. Dimanche matin, mes collégiens ont joué leur pièce, l'une d'entre eux s'est fait voler son portable,
puis je suis rentrée à la maison. J'ai dit à Perrine : "j'ai tout prévu : de quoi lire, de quoi courir, de quoi me baigner." J'étais bien fière de moi.
Et nous sommes partis pour deux jours de calme au soleil et dans le sable. Au programme : bronzette (et coups de soleil), grillades de poisson, baignade (en sous-vêtements parce que j'avais
oublié mon maillot de bain), jogging (pieds nus parce que j'avais oublié mes baskets) et lecture (parce que j'avais quand-même pensé à prendre quelque chose).
On a passé un bon moment, mis à part le fatidique détail des mecs qui passaient par là et, ne comprenant pas ce que venaient faire des nénettes sans mecs, venaient nous voir alors qu'on s'étaient
discrètement installées dans les dunes. Même la baignade, avec Perrine, a été très rapide en revenant du jogging : on s'est jetées dans l'eau fraiche entre le départ d'un mec et l'arrivée de deux
autres. On a enfilé nos vêtements et on est reparties dans les dunes. Laurence, elle, avait la bonne parade avec ses enfants. Les gens ne l'embêtaient pas. Mais quand-même, un militaire nous a
demandé s'il n'y avait pas d'hommes avec nous.
Franchement, on a quand-même été soulagées quand Jaouad et Christophe sont venus nous rejoindre.
Quelques photos pour illustrer ces propos :
Laurence qui essaie
de regarder le coucher de soleil pendant que les enfants lancent du sable en criant "La poule".
Perrine qui essaie de dessiner pendant que je la
harcèle avec mon appareil photo.
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